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Le discours adressé par le Président Denis Sassou N’Guesso à la nation, lors de la cérémonie d’investiture du 14 août 2009, a tracé un « Chemin d’Avenir » dans lequel une majorité de Congolais est prête à s’engager. Les auditeurs du Chef de l’Etat se sont-ils mépris sur le sens de son discours ? L’ont-ils mal compris ? C’est très improbable tant cette intervention a marqué les esprits et a insufflé un espoir nouveau à nos concitoyens. Sans conteste, au vu de leur forte audience et du ralliement massif qu’ils ont suscité, on peut affirmer que les mots du Président ont su toucher le cœur et l’âme des Congolaises et des Congolais.
Le Président de la République a été très clair concernant son projet de société dont la garantie de paix et de stabilité, le renforcement des libertés ainsi que la lutte contre la pauvreté sont les pierres angulaires. Il a également été très explicite sur son programme de relance économique, déterminant un ensemble d’actions concrètes visant à favoriser le développement du pays et la prospérité des Congolais. Au reste, son discours marquait le point d’articulation entre les pensées du candidat Sassou, porteur d’un projet politique et d’une vision d’avenir, et celles du Chef de l’Etat, élu, en charge de mettre en œuvre un programme d’actions, d’édicter des directives et de veiller à leur application. Cela, chacun de nos compatriotes l’a bien compris. Chacun, soulignons-le enfin, a parfaitement compris l’aparté du Président en direction « des gouvernants » à qui il a rappelé leurs devoirs d’exemplarité et d’éthique. Aucun malentendu possible, ce point-ci était aussi limpide que les précédents…
Si je me réjouis du très bon accueil qu’a reçu le discours du Président de la République auprès d’une part si massive de nos concitoyens, c’est bien entendu par la manifestation qu’il donne de l’unité de notre nation, de sa force et des perspectives d’avenir qu’elle peut atteindre si elle demeure solidaire derrière un projet politique fort. Mais c’est aussi parce que ce succès me conforte dans une de mes convictions profondes : le véritable soutien qu’accorde la population à Denis Sassou N’Guesso lorsqu’il lui apparaît sous son vrai visage, tel qu’il est, d’une manière audible, claire et pertinente. Or c’est précisément sous ce visage qu’elle l’a vu, et applaudi, à la tribune du Parlement le 14 août 2009. Existerait-il alors un « autre » ou un « faux » Sassou ? Certes, non. Denis Sassou N’Guesso n’est pas homme à renier ses convictions en ôtant son costume. Cela, pour avoir eu le privilège de le rencontrer et d’échanger avec lui, je peux l’assurer catégoriquement. Cependant, je soutiens depuis longtemps que la parole du Président souffre d’un déficit de relai et d’un certain parasitage qui, brouillant son image, ne donne pas une vraie représentation de l’homme ni de ses idées. Dans un passé récent, nous avons pu en constater les effets : le Président de la République n’est pas toujours compris à la juste valeur de sa vision, de ses orientations et de ses choix. Et, à plusieurs reprises déjà, j’ai désigné les coupables de cette désinformation : ce sont, à mes yeux, les responsables politiques de notre pays, ceux-là même qui devraient servir le Président avec le plus de zèle.
S’il est besoin d’une nouvelle démonstration à ce que j’affirme, elle est évidente depuis le 14 août. Nous voyons en effet beaucoup de nos « dirigeants », ceux-là même qu’interpelait le Président de la République, qui tentent par tous les moyens d’occuper la scène médiatique en revenant sur son discours, se mettant en devoir d’expliquer ce qu’il a voulu dire et quel était son message. A leur tour, ils alertent donc l’opinion sur cette « dérive morale qui est en train de gangrener notre société » et condamnent eux-aussi ces « dirigeants sans scrupule ni vertu » en qui ils ne se reconnaissent pas… Mais qui croit encore à une telle mascarade ? Quel effet escomptent-ils, ces parleurs, sinon que de se décrédibiliser un peu plus aux yeux de la population ? La défiance et la lassitude du peuple congolais à leur égard se comprendra aisément à la lumière des trois critiques que je veux leur adresser :
1- En premier lieu, et particulièrement à propos des « gouvernants », le discours du Président de la République été très intelligible. Comme je l’ai dit, personne n’a pu s’y tromper. Mais pourquoi, alors, s’évertuer à le traduire et se mettre en devoir de l’expliquer ? Pourquoi, alors que tant de réalisations du précédent septennat ont été passées sous silence, tellement insister sur ce point ? Leurs efforts sont bien trop tardifs…
2- Aucune ambigüité dans ces termes : « ici, ce sont les gouvernants qui sont interpellés », a dit le Président. Les Congolais ont-ils à supporter qu’on revienne face à eux avec ce qui ne les concerne nullement ? Les dirigeants jouent ici un curieux effet de miroir : ils retournent vers autrui un reproche qui ne s’adresse qu’à eux seuls. Osent-ils se persuader que personne ne les démasque ? Leurs efforts sont bien trop calculés pour inspirer confiance…
3- Dans mon livre « Servir Denis Sassou N’Guesso et le Congo », publié aux éditions Publibook à Paris, je suis revenu sur le message de vœux que le Président avait adressé à la nation au terme de l’année 2005. Ce discours insistait déjà sur la lutte contre la corruption, la moralisation des usages et esquissait le projet d’une véritable rénovation des pratiques politiques. Qui, alors, pour s’en emparer ? Qui pour travailler en ce sens et relayer les directives du Chef de l’Etat? Une poignée de responsables, tout au plus. Posons la question différemment : pourquoi, aujourd’hui, les « gouvernants » sont-ils plus intéressés qu’hier par cet objectif ? Ne serait-ce pas la mise en garde du Président, « tout manquement, toute faiblesse m'amènera à en tirer les conséquences », qui motive et inspire leur verve ? Au regard de tous, leurs efforts semblent désormais bien trop opportunistes pour paraître crédibles…
Les conclusions que je tire de l’actualité politique de notre pays sont à la fois sévères et optimistes. Sévères, on l’aura compris, concernant une certaine classe dirigeante que je soupçonne grandement d’opportunisme (ces soupçons sont devenus une certitude pour nombre de nos concitoyens). Optimistes, également, quant au vent de réformes qui s’annonce pour notre pays. Ce nouvel élan, que le Président de la République avait appelé de ses vœux dès l’année 2005, est à la veille d’être impulsé et de ce changement, dans la continuité d’une politique qui portera ses fruits, les Congolaises et les Congolais tireront avantage et bénéfice. Nos concitoyens l’ont parfaitement compris. Comme ce sont eux d’ailleurs, plus que leurs propres dirigeants, qui ont le mieux compris le discours d’investiture du Président Denis Sassou N’Guesso…
Nulle mutation ne peut cependant se faire sans courage et détermination et il en faudra beaucoup au Président de la
République pour impulser les changements qui s’imposent dans la gouvernance du Congo. Pour la réussite d’une telle entreprise, j’encourage le Chef de l’Etat à prendre les risques
nécessaires : de nouvelles figures, intègres, dévouée et convaincues doivent maintenant éclore dans le paysage politique du pays. Débarrassés des scories du passé, elles seront inspirées par
une idée neuve de l’exercice politique et sauront se mettre au service d’un projet collectif pour l’intérêt commun. Avant tout, la prochaine configuration du système politique devra s’appuyer sur
des femmes et des hommes de conviction qui, comme leurs concitoyens, auront compris la vision qu’a projetée Denis Sassou N’Guesso pour le Congo de demain. « Je m'engage à ne laisser aucune
bonne volonté au bord de la route », a promis le Chef de l’Etat. En effet. Notre « Chemin d’Avenir » ne pourra se tracer qu’avec ceux qui ont véritablement compris le Président de
la République.
A Paris, le 9 septembre 2009