Jeudi 24 juin 2010 4 24 /06 /Juin /2010 11:06

Joint au téléphone depuis la France, Wilfrid PICKENE donne sa lecture sur le cinquantenaire de l’indépendance du Congo qui sera fête sous le règne du Président Sassou.

 

 

L’Observateur : 15 août 1960 - 15 août 2010 : le Congo célèbre le cinquantenaire de son indépendance, que vous inspire cet anniversaire ?

 

Wilfrid PICKENE : De la fierté, d’abord. Une grande fierté. Le Congo, notre pays, est entré dans l’Histoire en se construisant sa propre histoire. C’est un chemin qu’il poursuit depuis cinquante ans et, lorsque je regarde en arrière, non pas comme un historien mais avec les yeux d’un citoyen congolais, j’éprouve de la fierté à nous voir nous, peuple congolais du Congo et d’ailleurs, marcher toujours sous les nobles préceptes des pères de l’Indépendance. Cela me fait dire que nous sommes sur la bonne route et j’envisage donc l’avenir avec confiance. Pour moi, cet anniversaire est avant tout une promesse pour le 21ème siècle…  Si l’on veut toutefois dresser un bilan, depuis l’indépendance, on ne peut naturellement pas manquer Denis Sassou N’Guesso dont l’œuvre est très marquante pour notre pays. Il lui revient l'honneur et la lourde responsabilité de faire le point à mi-centenaire mais certaines réalités plaident déjà en sa faveur : il a d’abord pacifié le pays et permis ainsi de l’engager dans un plan de vastes modernisations. Le problème de l’endettement, on l’a vu récemment, a été très sérieusement pris en considération, ce qui a aussi eu le mérite de démontrer que la voix du Congo pèse davantage dans les négociations internationales. Elle est même un moteur parmi les voix africaines. Cet ensemble d’éléments, et il y en aurait d’autres, est bien-sûr très important et très encourageant.

En cette heure de célébration cependant, je ne vous cacherais pas la déception qui est également la mienne. Car un autre bilan, malheureusement plus noir, peut être fait sur les 26 années que compte Denis Sassou N’Guesso à la tête de notre pays : celui concernant le choix des hommes, de leur engagement et de leurs responsabilités politiques. Sur ce point, je ne peux être que déçu qu’une impulsion plus nette n’ait pas encore été donnée. Je ne nie pas les efforts de Denis sassou N’Guesso qui l’a lui-même reconnu et dénoncé récemment, mais il n’est pas clair pour tout le monde que l'engagement politique c'est « servir » et non « se servir ». Tout dirigeant est bien au service de la Nation, non l’inverse…. Il doit en outre être capable de comprendre et de traduire dans les faits la parole et les directives de son chef. Trop souvent, celles-ci sont perverties pour des intérêts individuels. Cette corruption de l’action politique doit cesser. C’est un mal qui gangrène une grande partie de l’action présidentielle et qui mine les efforts de tout un peuple. Le président Sassou est très conscient de cela, il a même été très ferme, sans toutefois pouvoir imposer sa vision. Chacun pourra se rendre compte que si cette vision avait été comprises et mise en œuvre, le Congo aurait avancé de deux pas au lieu d’un aujourd’hui… Je vous annonce la naissance très prochainement, sous la bénédiction de Denis Sassou N’Guesso lui-même, d’un mouvement politique qui incarnera la vision et les valeurs qu’il prône. Mes chers compatriotes: n’ayons pas la mémoire courte, réjouissons-nous d'avoir eu Denis Sassou N’Guesso.

 

 

L’Obs. : Je ne vous comprends pas très bien, voulez-vous dire que DSNG rencontre des résistances dans l'exercice du pouvoir ?

 

WP.: Non, la question ne se pose pas exactement en ces termes là… Je fais plutôt référence au comportement de quelqu’un qui n’exécute pas la volonté de celui de qui il se réclame. Je comprends votre étonnement, je le rencontre souvent et partout, surtout ici en Europe, quand je débats de ces questions. Vous savez comme moi qu'un pays se gère d’une manière collégiale, en collectif, c'est à dire en équipe. Il y a bien un chef mais celui-ci joue avant tout le rôle de grand coordinateur et d’inspirateur. Mobutu, par exemple, disait qu’il était chef, mais pas ministre des finances, pas ministre du travail ou ministre de l'éducation nationale...  Il soulignait par là ce nécessaire travail d’équipe qu’impose la conduite d’une nation. Aujourd’hui, Denis Sassou N’Guesso pourrait faire la même remarque car on constate trop souvent que les réalisations concrètes menées dans le pays sont en fait ses œuvres personnelles et individuelles. Il se lève pour la paix, pour une infrastructure… Mais il se lève seul et ne peut se lever tout le temps... Mon propos n’est pas ici d’incriminer l’actuelle gouvernance, personnellement je me réfère à nombreux d’entre eux comme par exemple les Ministres Firmin Ayessa,  Charles Zacharie Bowao, Jean Jacques Bouya et j’en passe mais plutôt d’appeler tous les dirigeants au ressaisissement et à la mobilisation. En ce sens, je les invite, ainsi que tous les congolais, à relire ou réécouter le message que Denis Sassou N’Guesso a adressé à la nation le 31 décembre 2004. Il a, à mon humble avis, donné le véritable le cap du projet politique à long terme du Président. Rappelons-nous que l'éléphant est inépuisable pour le nombre que nous sommes : suivons le guide !

 

 

L’Obs. : Serez-vous présent à Brazzaville pour la fête et que pensez-vous des critiques virulentes de l’honorable Jean Claude Ibovi sur certaines pratiques des gouvernants ?

 

WP.: Il est important de célébrer dignement cet anniversaire, avec ou sans moi, je ne suis qu’une goutte d’eau dans la mer. Quant aux critiques de Jean Claude Ibovi, il est clair qu’elles visent ceux qui tirent le pays vers le bas en fournissant des efforts contraires à ceux que déploient Denis Sassou N’Guesso en faveur  du développement du pays. Je ne peux que souscrire à ces critiques car elles rejoignent très largement mes propres propos. Des pratiques irresponsables sont observées chez certains acteurs politiques auxquelles il faut mettre fin. C'est évidemment une question de moralité, question centrale aujourd’hui au Congo. Je félicite et je soutiens donc l’honorable Jean Claude Ibovi. Son franc parlé est connu de tous et je me joins à sa proposition pour demander au Président de la République la mise en place d’une structure et la conduite de reformes allant dans la sens de la moralisation de la vie politique, car c’est une fois de plus une question de moralité. Le président en disant:: " l'œuvre de modernisation et d'industrialisation dans laquelle j'entends engager le pays ne produira pleinement les effets escomptés que si elle se déroule dans un contexte politique et social apaisé." fait allusion à mon sens à une remise en cause courageuse des antivaleurs,  pratiques irresponsables des acteurs politiques. Le contexte politique et social apaisé sous entend un contexte dans lequel l'intégrité, l’honneur, l'altruisme, l'amour de la patrie seront intériorisés.

 

 

L’Obs. : Lors des dernières élections présidentielles, vous aviez marqué la campagne de Sassou N’Guesso en lançant, depuis la Seine à Paris vers l'océan à Pointe-Noire, la victoire au 1er tour. Vous aviez alors été un acteur visible et notable dans la victoire de Sassou. Qu'êtes vous devenu depuis ?

WP.: Je vous remercie pour cette reconnaissance et pour l’intérêt que vous aviez porté à mes actions. J’ai asséné, je crois, certaines vérités qui se murmurent et qu’on ne dit pas tout haut, tout en menant des actions concrètes de promotions des idées du Président et en mobilisant, à mon échelle, l'électorat en faveur de Denis Sassou N’Guesso. J’ai fait mon travail, en militant convaincu. Aujourd’hui, je crois toujours que Denis Sassou N’Guesso est une véritable chance pour le Congo. La gestion d'un pays, c'est un peu comme à la coupe du monde, un sélectionneur et son équipe. Le coach, c'est le Président. Il constitue une sélection pour gagner et le remanie selon les failles,  la stratégie, les missions et les objectifs à atteindre. Moi, en réécoutant les messages du Président, je comprends avec clarté la stratégie adoptée et les moyens mis en œuvre pour y arriver. J’ai donc confiance en la victoire et, en homme de conviction, je conserve toute ma confiance en Denis Sassou N’Guesso. Quel bonheur d’avoir écouté le Président du Congo sur France Info en France le 31 mai très tôt le matin interviewé par Raphaëlle Duchemin lors du sommet Afrique-France, j’étais envahi de joie, de fierté… Denis Sassou N’Guesso qui se lève tôt et si on prenait l’exemple, imaginez les retombés. J’ai d’ailleurs été amusé que Jean François Coppée, président du groupe UMP à l’assemblée nationale française, déclare le 16 juin 2010 que son gouvernement allait mettre en place une politique pour engager la France sur le chemin d’avenir… Sassou n’est-il pas un modèle ? Le Congo, lui, est déjà sur le chemin d’avenir !

 

 

L’Obs. : Vous avez parlé de la coupe du monde… Elle est organisée pour la 1ère fois en Afrique, que représente pour vous cet évènement ?

 

WP.: C'est d'abord un grand évènement pour l'Afrique et une grande fierté pour les Africains ! C'est une reconnaissance de la place de l'Afrique dans le monde... Car l'Afrique a son rôle à jouer, elle doit être acteur et non simple spectateur, aux cotés des autres puissances du monde dans les décisions qui engagent l’humanité toute entière... Mais concernant la coupe du Monde, savez-vous que Nelson Mandela a été le principal artisan du choix de l'Afrique, notamment celui de l'Afrique du sud, pour abriter la coupe du monde 2010 ? Il s’agit d’un évènement grandiose et historique. D’ailleurs, si vous me le permettez, je reviendrais un peu sur l’histoire pour rappeler quelques faits qui, peut-être, sont oubliés ou méconnus par certains. Je voudrais en effet revenir sur les liens très étroits qu’entretiennent Nelson Mandela et Denis Sassou N’Guesso et, ce faisant, dénoncer ce qu’il y a d’injuste à ne pas hisser l'image du Président Sassou à côté de celle de son éminent homologue Sud-Africain. Il y a pourtant entre eux une cohérence politique et internationale très forte. Tenez ! En 1986-1987, alors qu'il était président en exercice de l'OUA, DSNG a sans cesse lutté pour la libération de l'Afrique et de la Namibie. Il avait mis en place le Fond Africa pour venir en aide aux peuples opprimés par le régime de l'apartheid. Souvenons-nous également des colonies qui avaient été installées dans le sud du pays pour accueillir les enfants opprimés de la Namibie. Ces enfants avaient ensuite été scolarisés à LOUDIMA. Souvenons-nous encore de la collecte des produits de première nécessité, organisée dans toutes les écoles du Congo, pour venir en aide aux peuples opprimés de l’Afrique Australe ou des programmes radio " La voix de la SWAPO", diffusés depuis Brazzaville, pour faire échos dans le monde de ce qui se passait en là-bas.
Souvenons-nous aussi du grand symposium littéraire des écrivains, organisé à Brazzaville en 1987, contre l’Apartheid. Toutes ces actions, et bien d’autres, ont été initiées par le Président Denis SASSOU N’GUESSO. Elles ont contribué de manière significative à la libération de Nelson MANDELA, mais aussi à celle des peuples de l’Afrique Australe.  Après avoir été libéré en 1990, Nelson MANDELA est devenu le Président de l’Afrique du Sud le 10 mai 1994.


Deux années plus tard, il a reconnu l’implication et les efforts du Président Denis SASSOU NGUESSO dans le succès de la libération des peuples de l’Afrique Australe. En 1996, le Président Nelson MANDELA faisait la déclaration suivante : «  Je reconnais dans le président Denis SASSOU NGUESSO un homme qui n’est pas seulement l’un de nos dirigeants africains, l’un de ceux qui ont présidé aux destinées de l’Organisation de l’Unité africaine, mais également l’un de ceux qui ont soutenu, de façon inconditionnelle, les revendications de nos combattants pour la liberté, et qui ont œuvré, sans relâche, pour libérer de leurs chaînes les peuples opprimés et contribué à leur redonner dignité et espoir. Nous n’oublierons jamais ses efforts continuels en faveur de la libération des peuples de l’Afrique Australe. Nous n’oublierons jamais le négociateur qui a accueilli, à Brazzaville, la conférence internationale ayant conduit à l’indépendance de la Namibie, ainsi qu’à la reconnaissance de l’ANC par le régime de l’apartheid et à la libération de tous ses prisonniers. C’est aussi à cet homme-là que je rends hommage »

Je m’excuse si ma réponse a été un peu longue, mais je suis content que la coupe du monde m’ait permis ce rappel historique. Il n’est sans doute pas superflu tant l’image du Président est parasitée, déformée et ne reflète pas l’homme véritable. J'en appelle d’ailleurs à l'attention du Président, comme je l’ai déjà fait dans la conclusion de mon livre "Servir Denis SASSOU NGUESSO et le Congo", pour la mise en place d'une véritable structure chargée de porter la parole, de promouvoir les idées et les actions de Denis SASSOU NGUESSO au Congo, en Europe et dans le monde.

 

 

Par Wilfrid Pickene - Publié dans : Emissions/Entretiens
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 18 mars 2010 4 18 /03 /Mars /2010 23:30

L'obs. : Le début d’année a été marqué par l’achèvement des négociations autour de l’initiative PPTE.  Selon vous, cet accord sera-t-il bénéfique pour le Congo ?

 

Bien-sûr ! Le Président Sassou a mené à terme une démarche difficile qui représente l’aboutissement de deux décennies de négociations. Il s’agit donc d’une victoire significative qui aura des répercussions positives sur l’économie du pays en atténuant le poids de la dette. Le président avait d’ailleurs fait de ce point d’achèvement un objectif primordial de son nouveau mandat et une condition sine qua none dans la réussite de son ambitieux programme, le « chemin d’avenir ». Cette première étape était primordiale et nous pouvons tout à la fois le féliciter et nous féliciter de son succès.

 

 

En plein débat sur la « tribalité », qu’auriez-vous à dire à tous les Congolais qui constatent impuissamment la « tribalisation » des ministères ou des administrations ?

 

Effectivement, le débat sur la « tribalité » a sans doute une raison d’être : il reflète une réalité au Congo qui préoccupe à juste titre nos concitoyens. Ceci étant dit, je trouve totalement injustes les attaques brutales auxquelles doit faire face le Président Sassou et partiale la manière dont les critiques se focalisent sur lui. Car il est, je le sais, le premier désolé par cette situation ! Je ne rappellerais qu’une chose : sa volonté de voir l’ensemble des cabinets ministériels composés par des représentants de chacune des régions du pays.  Hélas, cette recommandation n’a pas été suivie par un certain nombre de ministres ou autres cadres, et cela est regrettable. Mais, à aucun instant, le Président n'a montré un quelconque penchant ni partialité régionale, ethnique ou tribale. Au contraire, il incarne et se bat pour l'unité, la concorde nationale, le bien être de tous les congolais, sans exclusive ni distinction, du nord au sud et de l'est à l'ouest... Pour ma part, je crois davantage qu’il se pose dans notre pays un problème d'homme et je renverrais aux mots du Président qui, dans l'une de ses adresses à la nation, dénonçait certains comportements de cadres nommés aux responsabilités. Ils étaient la véritable cible du discours et, sur ce point, le peuple congolais doit soutenir le président, le pousser à prendre des décisions courageuses à l'endroit de tous ces responsables irresponsables et qui salissent son image et son règne...        

 

 

On sait que ce débat sur la « tribalité » sera porté, à la fin du mois de mars, dans l’enceinte de l’Assemblée Nationale française. Serez-vous présent ?

 

R : Oui, j’apporterai ma contribution dans ce débat avec des propositions concrètes. Mais, surtout, je m’y rendrai pour  porter et défendre la vision du Président Sassou car j’entends à son propos beaucoup de contre-vérités et de considérations erronées. Dans mon livre Servir Denis Sassou N’Guesso et le Congo,  j’ai déjà pu démontrer que le Président était souvent mal compris : en voici une preuve supplémentaire ! Pour moi, qui me suis mis en devoir d’expliquer ses idées et défendre ses orientations politiques, il me reste beaucoup de travail et je donne donc, à toutes et à tous, rendez-vous très prochainement…



Par Wilfrid Pickene - Publié dans : Emissions/Entretiens
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 28 janvier 2010 4 28 /01 /Jan /2010 09:28

L’année 2010 qui débute m’offre l’agréable opportunité de souhaiter à vous-même, Excellence Monsieur le Président, ainsi qu’à votre chère épouse et à l’ensemble de votre famille, mes vœux les plus sincères de santé,  bonheur et réussite.

 

La figure de l’éléphant, que vous incarnez, trace pour nous une voie de sagesse, d'intelligence et de prévoyance derrière laquelle les meilleures volontés sont rassemblées. A cette heure cependant, tandis que le Congo avance sous votre égide vers un avenir plus clair et plus serein, certaines d’entre elles n’ont pas encore eu l’opportunité d’exprimer pleinement leur potentiel. Je pense à la jeunesse de notre pays, aux nouveaux responsables qui œuvrent chaque jour à vos côtés et qui, eu égard à leur enthousiasme et à la force de leurs convictions, méritent sans doute une chance de montrer davantage leur valeur. J’espère que l’année qui vient, dans la logique de la politique nouvelle et ambitieuse que vous menez pour notre pays, saura reconnaître et récompenser leurs talents.

 

Le développement intérieur du Congo, grâce notamment à l’industrialisation et au renforcement des infrastructures, est naturellement au centre des préoccupations de chaque concitoyen. Je voudrais pourtant rappeler qu’un autre combat ne doit pas être négligé qui est celui de porter à l’international vos nobles idées de paix et de concorde entre les peuples. Je formule ainsi le vœu que s’impose au monde votre regard sur les grands enjeux qui le guettent. Puisse l’acuité de votre vision inspirer la périlleuse et commune marche des nations. Vous me trouverez, à vos côtés, toujours dévoué et déterminé à y parvenir comme je m’y applique modestement aujourd’hui…

 

Que le Très-Haut vous garde, vous bénisse et qu’il prête à vous-même, Excellence Monsieur le Président, ainsi qu’à votre chère épouse, santé et longévité. Le Congo a plus que jamais besoin de vous pour devenir ce pays moderne, paisible, où il fait bon vivre...

 

Bonne et Heureuse année 2010.



Par Wilfrid Pickene - Publié dans : Articles
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 21 octobre 2009 3 21 /10 /Oct /2009 14:25

Interview réalisée, depuis Paris, dans le cadre de la reconfiguration gouvernementale et après l’annonce de la nouvelle équipe dirigeante par le Président Denis Sassou N'Guesso.

 

Le discours d’investiture du Président Sassou a été suivi de l’annonce de la nouvelle équipe gouvernementale. Comment la jugez-vous ?

 

Le discours d’investiture a donné la tonalité du prochain septennat et je salue naturellement les engagements forts qu’a pris le Président Sassou devant le peuple congolais. Il a notamment placé la classe dirigeante face à ses responsabilités, ce qui était une exigence massivement exprimée par nos concitoyens, et a constitué une équipe gouvernementale qui m’apparaît en cohérence avec les principes d’éthique et d’efficacité qu’il a exigés. Les hommes nommés par le Président sont des personnalités émérites qui ont déjà prouvé leur valeur et je ne doute pas, pour ma part, qu’ils soient le meilleur choix pour atteindre les objectifs fixés. Le programme du candidat Sassou était ambitieux et il fallait donc des hommes consciencieux et pénétrés pour le mettre en œuvre. Je crois que les nominations vont dans ce sens. Elles m’inspirent confiance. Je peux d’ailleurs évoquer un Ministre que je connais personnellement – je le connais très bien puisqu’il est celui qui a parrainé mes premiers pas en politique – à savoir Monsieur le Ministre de l’Intérieur, le Professeur Charles Zacharie Bowao, que je sais homme de fidélité, de dévouement et de conviction. C’est une personnalité qui, au-delà de ses propres intérêts, saura se mettre au service d’une idée et d’un projet. Le genre d’homme, je pourrais m’en porter garant, en lequel Denis Sassou N’Guesso a pu placer toute sa confiance et sur lequel il peut compter pour une mise en œuvre efficace de sa politique.

Le Chef de l’Etat affiche actuellement un grand volontarisme. Il montre beaucoup d’implication personnelle. Que vous inspire sa posture ?

 

Pour dire le fond de ma pensée, je ne suis pas vraiment surpris par l’ampleur et l’audace des réformes que veut mener le Président Sassou. Il a une conception très poussée et très nette de la manière de moderniser le Congo et je ne doutais pas qu’il enverrait d’emblée des messages forts, non seulement aux acteurs politiques mais aussi à ses concitoyens. Je crois que les Congolais vont peu à peu comprendre qu’ils ne se sont pas trompés en élisant à nouveau Denis Sassou N’Guesso et je ne peux que m’en réjouir. Pour moi aussi d’ailleurs, les intentions affichées par le Chef de l’Etat justifient le soutien indéfectible que je lui ai toujours porté. Je rappellerais encore que le Président est lui-même le chef du grand chantier qui se met en œuvre dans tout le pays. Son implication personnelle me semble donc indispensable, autant pour mesurer les avancées de ce projet que pour assurer sa réussite. La construction de logements sociaux à Brazzaville est un premier exemple de cette manière d’agir : c’est le Président qui en est à l’origine et c’est lui qui veillera à leur inauguration.

 

N’êtes-vous pas déçu, comme certains on pu l’exprimer, du faible renouvellement et de l’absence de jeunes dirigeants parmi la nouvelle équipe gouvernementale ?

 

Il me semble que la force et l’efficacité d’un gouvernement ne dépend pas de la jeunesse de ses membres. Et cela est particulièrement vrai pour ce gouvernement dont la répartition en « pôles » appelait des hommes d’expérience, capables et convaincus de pouvoir mettre en œuvre le projet de société de Denis Sassou N’Guesso. Dans son ensemble, le gouvernement est porteur de cette ambition et, de ce point de vue, il est très homogène. D’autre part, les ministères constituent actuellement leurs équipes qui, à différents niveaux, serviront d’instruments à la gouvernance centrale. Celles-ci, je l’espère, devraient laisser plus de place à la jeunesse et aux figures politiques émergentes. Mais j’insiste sur les vertus de l’expérience : celle-ci ne se remplace pas. Les jeunes, au rang desquels je me classe, ont beaucoup à apprendre de leurs aînés.

 

La constitution du nouveau gouvernement s’accompagne d’une profonde reconfiguration avec, notamment, la création de « pôles » de gouvernance. Quels sentiments vous laisse cette réforme du système décisionnaire ?

 

Là encore, j’y vois un signe très positif du nouvel élan que veut impulser Denis Sassou N’Guesso pour notre pays. La nouvelle configuration par « pôles » de gouvernance impose une redistribution qui vise une meilleure efficacité et une meilleure coordination des pouvoirs. On le voit, elle a été mise en place avec beaucoup de cohérence. Celle-ci étend les prérogatives de certains ministres en concentrant les pouvoirs sur des postes clefs, ce qui me semble finalement une bonne chose. Bien-sûr, et par conséquent, ces ministres auront des responsabilités plus lourdes et une obligation plus forte de résultats. Cela rejoint la question des hommes, qui est plus que jamais centrale. Mais sur ce point, je le redis, je crois que l’expérience et la qualité des ministres appelés par le Président seront positivement déterminantes.

 

Parlons de vous, enfin. Maintenant que la campagne électorale est achevée, quelle est votre actualité ?

 

Il est vrai que la pression est un peu retombée après la campagne présidentielle mais je n’ai pas pour autant stoppé mes activités. Je crois qu’un besoin d’explication est toujours nécessaire auprès de nos concitoyens, particulièrement et précisément sur la nouvelle configuration gouvernementale voulue par le Président. J’interviens donc, le plus souvent que je le peux, auprès des Congolaises et des Congolais qui résident en France, pour défendre les orientations du Président Sassou. En ma qualité, je reste bien entendu à sa disposition, prêt à renforcer encore son action à l’aube du nouveau septennat.

 

 

A Paris, le 15 octobre 2009.

Par Wilfrid Pickene - Publié dans : Emissions/Entretiens
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 10 septembre 2009 4 10 /09 /Sep /2009 11:41


Le discours adressé par le Président Denis Sassou N’Guesso à la nation, lors de la cérémonie d’investiture du 14 août 2009, a tracé un « Chemin d’Avenir » dans lequel une majorité de Congolais est prête à s’engager. Les auditeurs du Chef de l’Etat se sont-ils mépris sur le sens de son discours ? L’ont-ils mal compris ? C’est très improbable tant cette intervention a marqué les esprits et a insufflé un espoir nouveau à nos concitoyens. Sans conteste, au vu de leur forte audience et du ralliement massif qu’ils ont suscité, on peut affirmer que les mots du Président ont su toucher le cœur et l’âme des Congolaises et des Congolais.

 

Le Président de la République a été très clair concernant son projet de société dont la garantie de paix et de stabilité, le renforcement des libertés ainsi que la lutte contre la pauvreté sont les pierres angulaires. Il a également été très explicite sur son programme de relance économique, déterminant un ensemble d’actions concrètes visant à favoriser le développement du pays et la prospérité des Congolais. Au reste, son discours marquait le point d’articulation entre les pensées du candidat Sassou, porteur d’un projet politique et d’une vision d’avenir, et celles du Chef de l’Etat, élu, en charge de mettre en œuvre un programme d’actions, d’édicter des directives et de veiller à leur application. Cela, chacun de nos compatriotes l’a bien compris. Chacun, soulignons-le enfin, a parfaitement compris l’aparté du Président en direction « des gouvernants » à qui il a rappelé leurs devoirs d’exemplarité et d’éthique. Aucun malentendu possible, ce point-ci était aussi limpide que les précédents…

 

Si je me réjouis du très bon accueil qu’a reçu le discours du Président de la République auprès d’une part si massive de nos concitoyens, c’est bien entendu par la manifestation qu’il donne de l’unité de notre nation, de sa force et des perspectives d’avenir qu’elle peut atteindre si elle demeure solidaire derrière un projet politique fort. Mais c’est aussi parce que ce succès me conforte dans une de mes convictions profondes : le véritable soutien qu’accorde la population à Denis Sassou N’Guesso lorsqu’il lui apparaît sous son vrai visage, tel qu’il est, d’une manière audible, claire et pertinente. Or c’est précisément sous ce visage qu’elle l’a vu, et applaudi, à la tribune du Parlement le 14 août 2009. Existerait-il alors un « autre » ou un « faux » Sassou ? Certes, non. Denis Sassou N’Guesso n’est pas homme à renier ses convictions en ôtant son costume. Cela, pour avoir eu le privilège de le rencontrer et d’échanger avec lui, je peux l’assurer catégoriquement. Cependant, je soutiens depuis longtemps que la parole du Président souffre d’un déficit de relai et d’un certain parasitage qui, brouillant son image, ne donne pas une vraie représentation de l’homme ni de ses idées. Dans un passé récent, nous avons pu en constater les effets : le Président de la République n’est pas toujours compris à la juste valeur de sa vision, de ses orientations et de ses choix. Et, à plusieurs reprises déjà, j’ai désigné les coupables de cette désinformation : ce sont, à mes yeux, les responsables politiques de notre pays, ceux-là même qui devraient servir le Président avec le plus de zèle.

 

S’il est besoin d’une nouvelle démonstration à ce que j’affirme, elle est évidente depuis le 14 août. Nous voyons en effet beaucoup de nos « dirigeants », ceux-là même qu’interpelait le Président de la République, qui tentent par tous les moyens d’occuper la scène médiatique en revenant sur son discours, se mettant en devoir d’expliquer ce qu’il  a voulu dire et quel était son message. A leur tour, ils alertent donc l’opinion sur cette « dérive morale qui est en train de gangrener notre société » et condamnent eux-aussi ces « dirigeants sans scrupule ni vertu » en qui ils ne se reconnaissent pas… Mais qui croit encore à une telle mascarade ? Quel effet escomptent-ils, ces parleurs, sinon que de se décrédibiliser un peu plus aux yeux de la population ? La défiance et la lassitude du peuple congolais à leur égard se comprendra aisément à la lumière des trois critiques que je veux leur adresser :

 

1- En premier lieu, et particulièrement à propos des « gouvernants », le discours du Président de la République été très intelligible. Comme je l’ai dit, personne n’a pu s’y tromper. Mais pourquoi, alors, s’évertuer à le traduire et se mettre en devoir de l’expliquer ? Pourquoi, alors que tant de réalisations du précédent septennat ont été passées sous silence, tellement insister sur ce point ? Leurs efforts sont bien trop tardifs…

 

2-  Aucune ambigüité dans ces termes : « ici, ce sont les gouvernants qui sont interpellés », a dit le Président. Les Congolais ont-ils à supporter qu’on revienne face à eux avec ce qui ne les concerne nullement ? Les dirigeants jouent ici un curieux effet de miroir : ils retournent vers autrui un reproche qui ne s’adresse qu’à eux seuls. Osent-ils se persuader que personne ne les démasque ? Leurs efforts sont bien trop calculés pour inspirer confiance…

 

3-  Dans mon livre « Servir Denis Sassou N’Guesso et le Congo », publié aux éditions Publibook à Paris, je suis revenu sur le message de vœux que le Président avait adressé à la nation au terme de l’année 2005. Ce discours insistait déjà sur la lutte contre la corruption, la moralisation des usages et esquissait le projet d’une véritable rénovation des pratiques politiques. Qui, alors, pour s’en emparer ? Qui pour travailler en ce sens et relayer les directives du Chef de l’Etat? Une poignée de responsables, tout au plus. Posons la question différemment : pourquoi, aujourd’hui, les « gouvernants » sont-ils plus intéressés qu’hier par cet objectif ? Ne serait-ce pas la mise en garde du Président, « tout manquement, toute faiblesse m'amènera à en tirer les conséquences », qui motive et inspire leur verve ? Au regard de tous, leurs efforts semblent désormais bien trop opportunistes pour paraître crédibles…

 

Les conclusions que je tire de l’actualité politique de notre pays sont à la fois sévères et optimistes. Sévères, on l’aura compris, concernant une certaine classe dirigeante que je soupçonne grandement d’opportunisme (ces soupçons sont devenus une certitude pour nombre de nos concitoyens). Optimistes, également, quant au vent de réformes qui s’annonce pour notre pays. Ce nouvel élan, que le Président de la République avait appelé de ses vœux dès l’année 2005, est à la veille d’être impulsé et de ce changement, dans la continuité d’une politique qui portera ses fruits, les Congolaises et les Congolais tireront avantage et bénéfice. Nos concitoyens l’ont parfaitement compris. Comme ce sont eux d’ailleurs, plus que leurs propres dirigeants, qui ont le mieux compris le discours d’investiture du Président Denis Sassou N’Guesso…

 

Nulle mutation ne peut cependant se faire sans courage et détermination et il en faudra beaucoup au Président de la République pour impulser les changements qui s’imposent dans la gouvernance du Congo. Pour la réussite d’une telle entreprise, j’encourage le Chef de l’Etat à prendre les risques nécessaires : de nouvelles figures, intègres, dévouée et convaincues doivent maintenant éclore dans le paysage politique du pays. Débarrassés des scories du passé, elles seront inspirées par une idée neuve de l’exercice politique et sauront se mettre au service d’un projet collectif pour l’intérêt commun. Avant tout, la prochaine configuration du système politique devra s’appuyer sur des femmes et des hommes de conviction qui, comme leurs concitoyens, auront compris la vision qu’a projetée Denis Sassou N’Guesso pour le Congo de demain. « Je m'engage à ne laisser aucune bonne volonté au bord de la route », a promis le Chef de l’Etat. En effet. Notre « Chemin d’Avenir » ne pourra se tracer qu’avec ceux qui ont véritablement compris le Président de la République.


A Paris, le 9 septembre 2009


Par Wilfrid Pickene - Publié dans : Articles
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Recherche

Profil

  • Wilfrid Pickene
  • Le blog de Wilfrid Pickene - personnalité politique, écrivain
  • 06/04/1970
  • politique Sassou N'Guesso parcours inachevé Servir le Congo
  • Diplômé en économie et comptabilité, vice-président de l'association AMMAA, Président de la CNDPID Kouilou, Président de la LAKVD, Secrétaire Général d'arrondissement à Pointe-Noire de 2003 à mi-2006
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus